Les lipides épidermiques
À l’instar des cellules cornées, les lipides épidermiques sont essentiels à la fonction de barrière de la peau. Ils constituent le « mortier », ou le ciment des cellules cornées de la peau, présent entre les « briques », à savoir les cornéocytes.
Les lipides de la peau sont synthétisés dans les cellules de l’épiderme à partir de produits intermédiaires du métabolisme ou d’acides gras essentiels, autrement dit amenés de l’extérieur. Outre les mono-, di- et triglycérides, ceux-ci comprennent également le cholestérol, les céramides et les phospholipides.

Image au microscope électronique à balayage d’une section lyophilisée du stratum corneum
- Cornéocytes
- Espace intercellulaire, partiellement rempli de lipides de la peau
Composition et fonction des lipides épidermiques
Composition des lipides épidermiques
La composition des lipides formant les membranes de la couche cornée diffère de celle des membranes de l’épiderme vivant, qui se composent principalement de phospholipides. Ceux-ci sont dégradés au cours de la différenciation (cornification) des kératinocytes. C’est la raison pour laquelle les céramides, le cholestérol et les acides gras libres prédominent dans la couche cornée.
Formation des lipides épidermiques
Les précurseurs des lipides épidermiques sont formés dans l’appareil de Golgi des kératinocytes, dans la partie supérieure de la couche épineuse. Ils sont ensuite stockés dans la cellule sous forme de membranes à double couche lipidique dans des granules microscopiques, à savoir des vacuoles entourées d’une membrane appelées corps d’Odland. Dans la couche supérieure du stratum granulosum (couche granuleuse), les corps d’Odland expulsent par exocytose ces membranes à double couche lipidique dans l’espace intercellulaire.
Pendant ce processus de maturation, les lipides polaires, à savoir les glycolipides, phospholipides et esters de stérol, sont convertis par des enzymes en lipides apolaires, tels les céramides et les acides gras libres. C’est ainsi que se forme la barrière lipidique cornéocytaire semi-perméable fonctionnelle également connue sous le nom de barrière de perméabilité.

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Les lipides épidermiques sont produits dans l’appareil de Golgi des kératinocytes, dans la partie supérieure de la couche épineuse.
- Corps d’Odland
- Appareil de Golgi
- Exocytose
- Cellule du stratum granulosum
- Cornéocytes
- Membrane à double couche lipidique

Les lipides sont empilés dans les corps d’Odland, puis répandus dans l’espace extracellulaire de la partie supérieure de la couche granuleuse (exocytose).

Les lipides épidermiques forment le ciment qui maintient fermement les cornéocytes ensemble (modèle brique et ciment).
Conséquences d’une lésion de la barrière de perméabilité
Si l'on retire les couches supérieures de cornéocytes, avec un pansement adhésif par exemple, on perd également les lipides épidermiques. Dès lors, l’eau, les substances chimiques et les micro-organismes pathogènes peuvent pénétrer les couches plus profondes de la peau, et les couches inférieures de la peau perdent plus d’eau ; la perte insensible d’eau (PIE) s’accroît.
Influences sur le mécanisme de régénération
L’activation du système de régénération de la barrière de la peau est soumise à diverses influences. Ainsi, une synthèse accrue du cholestérol, des acides gras et des sphingolipides permet de restaurer la fonction de la barrière. Toutefois, on peut montrer qu’à la suite d'une lésion étendue de la couche cornée, induite par exemple par un « stripping » ou l’utilisation d’acétone pour enlever des composés gras, le seul moyen de restaurer la barrière naturelle de la couche cornée consiste à acidifier la surface de la peau. Un environnement neutre ou alcalin retarde très nettement le processus de régénération.





